Résistants, le thriller qui va changer votre regard sur les antibiotiques

Résistants de Thierry Crouzet (Bragelonne)

Notre ADN humain comporte vingt mille gènes. Ils servent à fabriquer nos cellules, ils nous définissent. Les bactéries que nous hébergeons et qui nous envahissent dès notre naissance, des squatteuses qui n’ont rien d’humain, totalisent deux millions de gènes. Elles possèdent donc cent fois plus de matériel génétique de nous. Nous sommes des colonies dont la part humaine est en réalité infime.

Une superbactérie, résistante aux antibiotiques, terrassent les passagers d’un yacht. Une seule survivante: Katelyn, qui y a accepté un poste de hôtesse afin de financer sa première année de médecine. L’Anti-Bioterrosrism soupçonne un acte criminel et recrute donc la jeune femme, seule personne résistante à la bactérie connue à ce jour, pour retrouver la trace de l’infecteur, le séduisant barman du yacht, Yash, qui s’est volatilisé.

Yash – Je suis un enfant de l’évolution. Je lui rends hommage en ajoutant du désordre au monde que mes semblables rêvent d’ordonner et de contrôler dans le seul but de nier leur mort inévitable.

 

Résistants est entièrement construits sur des faits scientifiques établis, un excellent point. Le contenu scientifique du livre a été validé par d’éminents professeurs et chercheurs dont on peut trouver la liste en préface.

C’est le professeur Didier Pittet, chef du service de prévention et contrôle de l’infection des hôpitaux universitaires et de la faculté de médecine de Genève, qui  a proposé à Thierry Crouzet d’écrire un ouvrage pour sensibiliser le public au danger des antibiotiques, dans la veine de son livre Le Geste qui sauve (histoire de la mise en usage du gel hydroalcoolique pour l’hygiène des mains en milieu médical par Didier Pittet et son équipe).

Mais plutôt que de nous livrer un essai assez rébarbatif sur le sujet, Thierry Crouzet a choisi pour rendre son propos accessible à un plus large public en donnant à son récit la forme d’un thriller palpitant. Véritable roman d’anticipation, Résistants nous emmène dans un futur très porche où nos antibiotiques ne sont d’aucun secours pour lutter contre des superbactéries résistantes. Je remercie les éditions Bragelonne de me l’avoir fait découvrir.

Rien à redire sur l’aspect scientifique et didactique de ce roman, il est très bien documenté et regorge de références aussi intéressantes qu’ instructives sur l’histoire des antibiotiques (l’essentiel de ces informations est regroupé dans une chronologie à la fin du livre), de sa découverte à son usage dans l’industrie agroalimentaire. Ce texte militant atteint parfaitement son but en remettant sérieusement en question notre rapport aux antibiotiques, mais aussi notre hygiène de vie. Un pas en avant pour faire évoluer les mentalités (65% des Autraliens pensent que les antibiotiques soignent le rhume).

Mais parlons un peu de l’intrigue de ce thriller médical, le seul point noir de ce roman. Les points de vue des personnages s’altèrent mais chose très étrange, ils s’expriment tous avec exactement le même style qui plus est avec un certain lyrisme, l’alternance de style aurait été la bienvenue! Katelyn reste le personnage principal du roman, un roman catastrophe pour commencer, puis une véritable enquête qui prend par moment des allures de mauvais film d’action aux ficelles un peu grosses. Déjà, Katelyn se retrouve « recrutée » par l’A.B.C de manière assez peu vraisemblable (elle est peut-être résistante et a fait 3 ans de prépa, elle n’est même pas en première année de médécine!!!). S’en suit quelques scènes totalement irréalistes sauf dans un film de James Bond, avec à la clef, saut en parachute d’un immeuble, fuite en hélico suivie d’une descente en sky sur des pentes enneigées…

Ensuite, il y a ce fond de romance carrément mièvre entre Katelyn et Yash, clairement là pour satisfaire les attentes de la ménagère de moins de 50 ans fan de fifty shade et les pré-ados fans de Twilight (les porteurs sains sont qualifiés de « Vampires » tout le long du roman). Mais heureusement cette romance sert ingénieusement de prétexte pour évoquer un point crucial: l’influence de notre microbiote sur nos comportements sociaux (en gros, nos bactéries nous poussent à socialiser pour se propager). Si on fait l’impasse sur ces ressorts un peu grossiers et des personnages assez stéréotypés, cette intrigue sur fond de conspiration nous tient en haleine jusqu’au dénouement.

Un thriller très instructif qui changera à jamais votre regard sur les antibiotiques!

 

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. lacourseauxmots dit :

    Oh ça m’intéresse ! Je note ! 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. labiblidonee dit :

    Le thème est intéressant mais la plume et le scénario dans un thriller c’est quand même important donc dans l’immédiat je passe mon tour, mais je le garde à l’esprit si un jour je le trouve dans une boîte à lire ou autre…

    Aimé par 1 personne

    1. Oui c’est sur. Le style de l’auteur reste très agreable à lire, il est très travaillé et soigné, mais c’est surtout l’intrigue qui est un peu tiré par les cheveux par moment. Babelio le propose dans sa dernière edition de masse critique « un livre contre une critique » le 10 mai, ca vaut le coup de tenter sa chance 😉

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